Comment Jouer Le Favori De La Presse


Dans cet article, je vais vous présenter deux stratégies possibles autour du favori du Quinté (valable également pour les autres courses, dans n’importe quelle discipline).

Ces deux stratégies sur le favori s’opposent. Et, comme beaucoup de stratégies, l’une n’est pas forcément meilleure que l’autre. Mais la fin de cet article devrait vous faire réfléchir…

C’est votre choix de turfiste, celui qui vous correspond le mieux, que de choisir votre stratégie.

On y va.

1 – Le Favori Du Quinté Est-il Fiable ?

Fiable ou pas ?

Entre les turfistes et le favori du Quinté c’est un peu (beaucoup) « je t’aime moi non plus ».

Clairement : ils ne sont pas fiables. Miser sur un cheval qui échoue deux fois sur trois (en simple gagnant), on appelle pas ça la régularité ! Et c’est pourtant le cheval qui a la meilleure réussite !

Et même si vous parveniez à gagner une fois sur trois, avec un favori à 3/1, vous n’atteindriez que le seuil de rentabilité.

Et disons les choses honnêtement : qui veut atteindre le seuil de rentabilité ? Tout le monde s’en fout… Les turfistes veulent GAGNER de l’argent ! Vous connaissez un turfiste qui commence sa journée en se disant : « J’espère pouvoir atteindre le seuil de rentabilité aujourd’hui » ? Soyons sérieux…

Ce que vous devez avoir en tête quand vous voyez le favori du Quinté ?

Simple : Près de la MOITIÉ d’entre eux peuvent être de faux favoris. C’est-à-dire des chevaux qui ne méritent tout simplement pas d’être favoris, mais qui finissent favori à l’argent misé par la majorité des parieurs.

Donc la première chose à faire, c’est de DOUTER de lui. Et certainement pas de se ruer sur lui pour en faire une base pour vos tiercé, quarté ou quinté. Ou alors de vous dire que vous allez le jouer placé pour « assurer vos arrières ».

Et franchement : combien de fois avez-vous vu des chevaux favoris à cause de la monte ou de la drive d’un jockey ou un driver star ? Alors qu’en réalité, en faisant vraiment le papier, ce cheval aurait dû être au mieux le troisième ou un quatrième favori ?

2 – Le Problème Majeur Du Favori

Après une mauvaise séries du favori

Et puis il y a les chevaux favoris course après course et qui ne gagnent jamais. Alors pourquoi miser sur ces chevaux s’ils ne gagnent pas ? En gros, les parieurs « espèrent » récupérer l’argent qu’ils ont investis en eux. En espérant bien sûr qu’il fera mouche à sa prochaine course…

Vous connaissez sans doute la statistique fondamentale sur les favoris : ils remporteront, approximativement, une course sur trois.

Evidemment, vous ne pouvez pas compter sur eux pour gagner des courses dans l’ordre.

Parfois, ils ne gagneront pas pendant une dizaine de courses. Voire plus. Jouant alors avec les nerfs des parieurs qui adoptent un système sur le favori.

Donc, même si sur une longue période, on peut s’attendre à ce qu’un favori sur trois gagne, MAIS personne ne peut garantir qu’il arrivera RÉGULIÈREMENT.

Mais attention : le fait que les chevaux non-favoris gagnent deux tiers des courses NE SIGNIFIE PAS qu’ils ont deux fois plus de chances de gagner que le favori.

Et là-dessus j’insiste :

Tant que vous n’avez pas évalué les vraies cotes de l’ensemble des chevaux…

…et déterminé quel cheval est probablement le meilleur de la course (qu’il s’agisse du favori ou pas)…

…nous ne savons rien sur un cheval qui n’est pas favori, sauf qu’il fait partie d’un certain nombre de non favoris dans la course.

Prenons un exemple concret :

Supposons une course support Quinté de seize partants. Nous savons que le favori gagne environ une course sur trois (pas régulièrement mais sur le long terme).

Cela signifie que les chances « naturelles » d’un non-favori aléatoire dans un peloton de seize chevaux sont de 25/1. Vous divisez 0.66 (la réussite de l’ensemble des non-favoris) par le nombre de non-favoris, c’est-à-dire 15. Vous obtenez 0.04 soit une cote grossière de 25/1.

Nous avons maintenant établi la conclusion évidente qu’il est insensé de sortir un cheval de vos jeux simplement parce qu’il est le favori. Ou de rayer un autre cheval simplement parce qu’il n’est pas favori.

Le turfiste sérieux doit savoir déterminer les vrais favoris et éliminer les faux favoris afin d’espérer un profit constant dans ses paris.

3 – Le Cas Du Premier Favori De La Presse

Les journalistes hippiques ont la réputation d’être fidèles à leurs favoris. Pour eux la règle est d’une simplicité enfantine : plus ils choisissent les meilleurs chevaux, mieux ils seront classés dans le classement annuel des pronostiqueurs !

Mais à la question de savoir si vous auriez pu gagner de l’argent en suivant leurs gagnants est complètement différente.

Imaginez un pronostiqueur qui donne un gagnant sur cinq (20% de réussite). Il ne peut faire faire du bénéfices à ses fans seulement si les cotes de ses chevaux sont au-dessus de leur valeur réelle.

Un journaliste hippique étranger très connu a dit un jour :

Les turfistes veulent être rassurés.

Et franchement, je ne pense pas qu’ils veuillent vraiment que je donne des chevaux inconnus.

Ils veulent que j’étudie la musique récente et que je sélectionne le cheval qu’ils ont eux-mêmes vu finir deuxième ou troisième lors de sa dernière course, et certainement pas le cheval qui n’a rien montré de probant.

Les parieurs aiment parier sur des chevaux qu’ils connaissent bien. Si vous leur donnez un cheval inconnu, et qu’il échoue, ils vous critiqueront.

Alors je place souvent devant celui que je sais qu’ils aimeront plutôt que celui qui, je pense, gagnera.

En gros, je place le gagnant potentiel comme ma deuxième sélection

Alors pourquoi nous sommes attirés par ces favoris ?

Et surtout, pourquoi nous pensons souvent qu’ils ont plus de chances de gagner que les chevaux que nous avons sélectionnés, et qui ont une cote à deux chiffres ?

Les psychologues disent que tout est lié à l’instinct de troupeau. Nous nous sentons plus en sécurité, protégés, si nous restons dans la masse des gens.

On se sent clairement seul d’avoir misé sur un cheval à 25-1 quand l’ensemble des journalistes hippiques et le reste des turfistes jettent leur dévolu et leur argent sur le favori à 2,5/1.

Si tout le monde mise sur ce favori c’est forcément qu’il a une grosse chance dans course ! Pourquoi délaisser la super chance à 25/1 ?

Toutes ces pensées peuvent vous traverser l’esprit, non ? La plupart d’entre nous connaissent ce sentiment terrible de laisser passer une belle chance de faire l’argent facilement avec un favori adoré de tous. Ça nous retourne complètement le cerveau, même si, vous admettez que votre cheval à 25/1 à une très belle chance de faire l’arrivée.

Alors avec tout ça, comment s’en sortir avec cette histoire de favori ?

Voyons la première stratégie.

4 – Stratégie N°1

Commencez déjà par deux choses simples :

  • ÉVITEZ tous les chevaux en-dessous de 3/1.
  • CONSIDÉREZ uniquement les chevaux à partir de 3,5/1. Je dis bien « considérez ». C’est seulement à partir de ce niveau de cote que vous pouvez envisager si oui ou non le favori est un bonne chance de la course.

Le mieux ? C’est le cheval qui part favori le matin, et qui finit à une très belle cote (deuxième ou troisième favori) grâce aux turfistes qui jouent contre ce cheval ou qui surestiment les capacités d’un ou deux autres chevaux de la course.

Maintenant si vous cherchez des chevaux de valeur (et c’est que nous cherchons tous je crois), vous DEVEZ regarder de près les chevaux qui battront le favori deux fois sur trois.

Et je ne vous apprends pas grand chose en vous disant que seulement deux ou trois chevaux doivent vraiment retenir votre attention.

Beaucoup de turfistes évitent tout simplement les favoris.

Ce qu’ils font ? Ils commencent par étudier la course en barrant littéralement le favori. C’est extrême, oui. Et parfois ça paye très bien. Mais certains favoris qui peuvent être de très bons paris même s’ils sont le préféré de la majorité.

Voici le processus en 5 étapes :

  1. aborder une course en mettant d’emblée le favori de côté (je ne dis pas de l’éliminer attention !)
  2. vous étudiez la musique des autres chevaux pour en dégager un ou deux qui sortent du lot
  3. c’est seulement à ce moment-là que vous étudiez de près le favori
  4. vous devez répondre à cette question : « Le favori peut-il battre ma ou mes sélection(s) ?« 
  5. Si la réponse à cette question n’est pas bien claire pour vous, vous pouvez miser gagnant sur votre ou vos sélections (seulement si les cotes sont correctes) et vous couvrir avec le favori (par exemple, si vous souhaitez investir 100 euros dans une course, vous pouvez miser 35 euros gagnant sur le favori si sa cote est à 3/1 minimum et miser le reste sur votre ou vos sélection de l’étape 2).

Une course avec un favori à moins de 3/1 ne vaut pas le coup d’être jouée avec ce système.

Réfléchissez à ces points avant de vous précipiter sur un favori :

Un cheval peut perdre une course de mille et une façons. Voulez-vous risquer votre argent pour un rendement dérisoire sur des chevaux à de faibles cotes ?

Si votre cheval est une chance tellement solide …

… que vous ne voyez pas un autre cheval dans la course …

… mais que la cote de votre cheval est trop faible …

… alors NE MISEZ PAS DANS CETTE COURSE !

Vous constaterez alors, qu’au bout d’un certain temps, vous aimerez laissez passer les courses à faible rendement, et vous saliverez lorsque les courses sur lesquelles vous allez parier vous rapporteront de gros profits.

Gardez à l’esprit que l’une des raisons des faibles rendements du favori est que la masse des turfistes surenchérit constamment sur ce cheval.

Voyons maintenant une autre approche complètement différente…

5 – Stratégie N°2

Les travaux de certains turfistes anglo-saxons (sur plus de 15.000 courses) montrent une perte de 9 à 10% pour le parieur qui mise uniquement sur le favori sans aucun filtre.

En France, les résultats sont identiques. Et vous pouvez vous même faire le teste si le cœur vous en dit.

Un Américain à fait un étude très sérieuse sur plus de 93.000 chevaux.

Il a classé les chevaux en fonction de leur cote juste avant le départ et il a constaté les pourcentages suivants pour les gagnants :

Cotes% de gagnants
Jusqu’à 1,5571,3%
entre 1,60 et 1,7555,3%
entre 1,80 et 1,9551,3
entre 2 et 2,1547%
entre 2,20 et 2,3540,3%
entre 2,40 et 2,5537,9%
entre 2,60 et 2,7535,5%
entre 2,80 et 2,9530,9%
entre 3 et 3,4528,9%
entre 3,50 et 3,9523%
entre 4 et 4,4520,9%
entre 4,5 et 4,9518,6%
entre 5 et 5,4516,1%
entre 5,50 et 5,9515,5%
entre 6 et 6,9512,3%
La Réussite Selon Les Cotes Avant Le Départ

Pour être encore plus clair, parmi tous les chevaux, ayant une cote inférieure à 1,55/1 avant le départ, 71,3% ont gagné la course.

Sur les plus de 25.000 chevaux ayant une cote égale et supérieure à 21/1, les pertes s’élevaient à 54%.

Les cotes inférieures à 3,5/1 ont entraîné une perte de seulement 6%.

Et pour les chevaux à 6/1 et plus, les pertes s’élevaient à plus de 17%.

Et ce qui est intéressant dans l’étude de Fabricand, c’est qu’il n’a utilisé absolument aucun filtre. Seule les cotes sont prises en compte.

En clair : Un turfiste sérieux, avec un bon capital de départ, ferait non seulement mieux de jouer tous les favoris sans distinction, mais il s’en sortirait encore mieux s’il ne prenait que les cotes inférieures à 3/1.

Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les chiffres.

Mais il ne gagnerait pas beaucoup, voire ferait une toute petite perte.

Maintenant que nous avons dit ça, comment un turfiste peut-il s’en sortir avec les supers favoris et transformer la petite perte en bénéfice ?

  • Prendre la cote du favori du Quinté sur le PMU point de vente (qui rassemble l’immense majorité des enjeux) comme référence.
  • Ne jouez aucun cheval sous la barre des 3/1 à 3 minutes du départ
  • Regarder si la cote d’un autre bookmaker est supérieure à celle du PMU point de vente. Par exemple, la cote gagnant du favori du Quinté sur le PMU est à 1,4/1 et sur ZETURF elle est à 1,8/1.
  • Vous pouvez également mettre 1 ou 2 filtres simples comme : jouer uniquement les courses de trot.

Vous pouvez bien sûr être encore plus « filtrant » sur vos chevaux. Mais ne vous attendez pas à de grosses différences entre 1 filtre et 6 filtres. Sélectionner un gros favori à moins de 3/1 est déjà un super filtre.

Conclusion

Vous avez désormais deux stratégies possibles entre les mains.

A vous de voir laquelle vous paraît la plus sensée, celle avec laquelle vous êtes le plus à l’aise.

Mais souvenez d’une chose :

Tout le monde fera des erreurs, quelle que soit la rigueur de son approche. Ce qu’un parieur doit faire, c’est apprendre de ses erreurs.

Je finirai sur une citation d’un turfiste qui n’est plus de ce monde mais qui laisse de quoi réfléchir :

S’ils [les turfistes] refusent de se laisser guider par leurs erreurs, ils devraient renoncer à parier.

Une chose que j’ai apprise et que je n’ai jamais oubliée, c’est que la plupart des gagnants viennent des chevaux de 5/2 [cote à 3,5/1] et moins, et ce sont eux que je parie. J’ai essayé de ne pas m’embêter avec les autres, même si je l’ai souvent fait, souvent à mon détriment.

Mais j’ai toujours appris une leçon : ce sont les favoris qui m’ont apporté mon pain, mon beurre et ma confiture, même s’ils étaient parfois peu payés.

Je recommande à tous les parieurs d’être sélectifs, mais de sélectionner de bons chevaux dans de bonnes écuries à 5/2 ou moins. C’est aussi simple que cela. Les arguments en faveur des favoris sont convaincants.

Walter Mitchell

À vous de voir si ça vous a convaincu… ou pas.

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